À l'issue de son Assemblée Générale à la Maison des chambres d'agriculture, le SYRPA, réseau des agri-communicants, a débattu sur la science et la communication. Marie-Laure Hustache, responsable communication d'Agridées et administratrice du SYRPA, a fait réagir le politologue Eddy Fougier, le président-directeur général de l'Inra, Philippe Mauguin, l'animateur et producteur Mac Lesggy et le journaliste au Figaro Marc Mennessier sur le thème « Infox et méfiance généralisée : comment réintroduire de la science dans la communication ? ».

Pour Eddy Fougier, les Français ont une vision majoritairement très positive de la science et des scientifiques (cliquez ici pour consulter la présentation). Et cette perception est assez stable dans le temps. Toutefois, on assiste à la fin du consensus « permissif » sur certains sujets, en particulier les OGM et le nucléaire. Les jeunes, les personnes peu diplômées ou à faibles revenus, constituent la population la plus sceptique ou réceptive aux théories du complot. Plusieurs raisons expliquent cette défiance : la dérégulation du marché de l’information, la mise en cause des sources officielles, l'exposition forte aux médias sociaux et l'absence de toute consultation d’information contradictoire. Les risques invisibles et non maîtrisés sont perçus comme les plus anxiogènes. Eddy Fougier suggère quelques pistes de solutions : créer des contenus destinés à lutter contre les fakenews scientifiques ; associer davantage de Français à des conférences citoyennes ou bien encore développer le Storytelling : "il faut inventer une autre histoire que celle de la science génératrice de progrès car cette histoire ne marche plus".

"Nous sommes dans un système inquisitorial" selon Marc Mennessier. "La vision du monde anticapitaliste, négationniste, décliniste prend la science en otage". Pour Philippe Mauguin, les chercheurs peuvent apporter des réponses à des questions complexes mais pas en 140 signes ou sur le rythme des chaînes d’infos continues. "Nous sommes passés d’une société de la connaissance à une société de la croyance". Peut-être faudrait-il qu'une communauté de chercheurs se créée sur Twitter, à l’instar des FranceAgriTwittos.

"Nous assistons à des réactions de plus en plus irrationnelles des citoyens… et des ignorants" complète Mac Lesggy. "Aujourd’hui il y a une sorte de maccarthysme autour de la pureté scientifique. La remise en question de la parole scientifique devient de plus en plus suspecte. On constate également très fréquemment aujourd'hui une absence générale de connaissance scientifique chez les responsables politiques et les journalistes". Selon Mac Lesggy, le retour de la science est rendu difficile par le fait que "les ONG maîtrisent parfaitement les techniques de communication en s'appuyant sur le fait que les Français ne font pas la différence entre risque et danger". La science peut prouver l’existence d’un danger mais pas son inexistence. Il ne faut pourtant pas lâcher prise : face à ceux qui diffusent des fake news, il est indispensable de se mobiliser. "Et pourquoi ne pas créer une association, une agence de notation des journalistes ?"

Pour la Présidente du SYRPA, Delphine Guey, "il est primordial de débattre de ces problématiques et d'imaginer ensemble des pistes de travail pour une perception plus objective de la communication scientifique du secteur agriculture / agroalimentaire. Nous devons faire le lien entre la connaissance scientifique et les croyances du grand public."

 

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