Le paysage de la communication en agriculture évolue en profondeur. Pour la première fois depuis la création de l’Observatoire SYRPA, le profil type du communicant en milieu agricole est… une communicante. Cette tendance traduit des mutations profondes dans les besoins en communication du secteur, mais aussi une féminisation marquée d’une profession en pleine transformation numérique. Décryptage des grandes lignes de l’étude menée par SYRPA avec l’institut IDDEM.
Une profession largement féminisée et diplômée
Depuis près de vingt ans, l’Observatoire SYRPA analyse l’évolution des métiers de la communication dans le monde agricole. En 2021, une bascule significative a été observée : désormais, le profil majoritaire est celui d’une femme hautement qualifiée. Huit communicants sur dix ont suivi un cursus de 3e cycle, et 76 % des femmes en poste se disent attachées ou très attachées au secteur agricole.
Une communication moins technique, plus sociétale
Les acteurs agricoles doivent désormais dialoguer avec un public plus large : consommateurs, citoyens, médias, ONG… Cette évolution des attentes sociétales fait reculer les profils purement techniques au profit de communicants spécialisés. La formation initiale en communication progresse fortement : elle représente aujourd’hui 41 % des parcours déclarés, contre 28 % en 2018. Chez les femmes, elles sont même 55 % à avoir un diplôme en communication, contre 28 % des hommes.
Le virage digital au cœur des enjeux
Le numérique s’impose comme un levier stratégique. Plus d’un tiers des communicants placent le digital en tête des évolutions majeures de leur métier. Les formations récentes sont, dans 80 % des cas, orientées vers le marketing digital, les réseaux sociaux, l’inbound marketing ou encore la création de contenus pour le web (SEO, WordPress…).
Des professionnels fiers mais confrontés à des attentes fortes
Malgré un attachement fort à leur métier (74 % des répondants en sont fiers), les communicants agricoles expriment plusieurs besoins :
- Un manque de moyens humains et financiers (23 %)
- Un besoin de cadre stratégique plus clair (16 %)
- Des conditions de travail à améliorer, notamment un manque de temps pour remplir leurs missions (11 %)
Organisation, reconnaissance, salaires : les défis à relever
84 % des professionnels considèrent que la fonction communication pourrait être mieux organisée au sein de leur structure. Si 75 % se sentent globalement reconnus, l’étude révèle un écart de perception entre femmes et hommes. Enfin, les écarts de salaires subsistent : en moyenne, l’écart de rémunération entre profils masculins et féminins dans le secteur agricole atteint 31 %. Une note encourageante toutefois : chez les moins de 30 ans, les communicantes affichent des salaires supérieurs de 15 % à ceux de leurs homologues masculins.
Des échanges pour approfondir la réflexion
Pour enrichir ce panorama, SYRPA a organisé plusieurs temps d’échange sous forme de tables rondes. Les débats ont permis d’explorer des thèmes comme la féminisation du métier, les défis du quotidien ou la relation souvent ambiguë entre agriculture et communication.
À consulter : Infographie de l’Observatoire SYRPA
La féminisation progressive de la communication en agriculture n’est pas qu’une question de représentation : elle reflète une transformation de fond des métiers, des attentes du secteur et de son rapport au grand public. À l’ère du digital, les compétences se diversifient, les parcours se modernisent et les communicantes s’imposent comme les nouvelles ambassadrices d’un secteur en transition.


