Lors d’un échange animé avec les adhérents du Syrpa, le député et agriculteur Jean-Baptiste Moreau a partagé ses convictions sur les défis majeurs de l’agriculture française : transformation des modèles agricoles, juste rémunération des producteurs, encadrement des produits phytosanitaires comme le glyphosate et stratégie de communication auprès du grand public. Entouré de plusieurs députées impliquées sur les enjeux agricoles et alimentaires, il a réaffirmé la nécessité de concilier performance économique, exigence environnementale et transparence vis-à-vis des consommateurs.
Réconcilier les acteurs de la chaîne alimentaire grâce aux États Généraux de l’Alimentation
Jean-Baptiste Moreau, député La République en Marche et rapporteur des États généraux de l’alimentation (EGA), salue une initiative qui a permis à de nombreux acteurs – producteurs, transformateurs, distributeurs – de dialoguer à nouveau. Il regrette néanmoins que les engagements pris restent trop centrés sur le marché français. La concurrence internationale et les accords commerciaux doivent, selon lui, intégrer les mêmes niveaux d’exigence : « On ne peut pas opposer des produits français de qualité à des produits importés aux standards moindres », précise-t-il. Pour cela, renforcer les contrôles sanitaires et se doter d’une véritable politique commerciale cohérente à l’échelle européenne est indispensable.
Redonner du pouvoir aux producteurs agricoles
Face aux tensions sur les prix et aux difficultés économiques des exploitations, Jean-Baptiste Moreau plaide pour un meilleur équilibre dans les relations entre producteurs et distributeurs. Cela passe par une contractualisation équitable et par le développement de groupements de producteurs, capables de peser dans les négociations commerciales. À ses yeux, l’État doit jouer un rôle de régulateur fort pour garantir un revenu digne aux agriculteurs, notamment via des dispositifs fiscaux et budgétaires adaptés, inscrits dans les projets de loi de finances.
Produits phytosanitaires : sortir de l’émotion pour une approche scientifique
Le sujet sensible du glyphosate a naturellement émergé lors des échanges. Le député déplore que le débat ait laissé peu de place à l’expertise scientifique : « On a hystérisé la conversation, au détriment de la raison ». Soutenant le travail rigoureux de l’ANSES, il appelle à la création d’une agence d’expertise européenne indépendante pour renforcer l’évaluation des substances phytosanitaires et garantir une harmonisation des décisions à l’échelle de l’UE. Il rappelle enfin que l’accompagnement des agriculteurs vers des alternatives efficaces reste une priorité, à la fois économique et technique.
Restaurer la confiance grâce à une communication plus transparente
La communication agricole est un levier central pour relever ces défis. Jean-Baptiste Moreau et Laurence Maillart-Méhaignerie insistent sur l’importance de sensibiliser les citoyens à la réalité du métier d’agriculteur et aux exigences croissantes en matière de qualité alimentaire, de sécurité sanitaire et de respect de l’environnement. « Les agriculteurs doivent sortir de la défensive et devenir des pédagogues de leur métier », souligne le député creusois. De son côté, Laurence Maillart-Méhaignerie insiste sur la nécessité d’une information claire et traçable pour le consommateur, rappelant que « la qualité a un prix » et qu’il est temps de sortir de la logique du tout low-cost.
Qualité, traçabilité et circuits courts : les attentes des consommateurs évoluent
Les récentes crises sanitaires, notamment dans le secteur laitier, ont rappelé l’importance d’une communication de crise maîtrisée et d’une transparence totale envers l’opinion publique. Aujourd’hui, le consommateur attend une alimentation saine, locale et éthique. Les députés présents encouragent le développement des circuits courts, des produits frais et d’origine fermière, qui répondent à ces nouvelles attentes. Pour cela, l’ensemble de la filière doit se mobiliser pour créer un climat de confiance et valoriser les efforts fournis par les professionnels du secteur agricole et agroalimentaire.
Dans un contexte de transition agricole, de montée des préoccupations environnementales et de crise de confiance du public, Jean-Baptiste Moreau rappelle que l’agriculture française a tous les atouts pour réussir. À condition de mieux accompagner les producteurs, d’apporter des solutions crédibles aux enjeux sociétaux et de développer une communication moderne, factuelle et engageante. Car plus que jamais, l’avenir du secteur passe par la pédagogie, la transparence et une meilleure reconnaissance du travail des femmes et des hommes qui nourrissent la France.



